Vous êtes en CDI. Vous savez depuis un moment que ce poste n’est plus fait pour vous. Mais démissionner sans filet ? Hors de question. Alors vous attendez. Un licenciement, une rupture conventionnelle, une opportunité qui ne vient pas. Ce que vous ne savez peut-être pas encore, c’est qu’il existe une troisième voie.
Il y a quelques années encore, quitter un CDI pour se reconvertir rimait souvent avec une seule chose : perdre ses droits au chômage. Le message implicite était clair : « si tu pars de ton plein gré, tu te débrouilles ». Résultat, beaucoup de femmes restaient dans des postes qui ne leur correspondaient plus, parfois pendant des années, en attendant un licenciement ou une rupture conventionnelle qui ne venait jamais.
Ce temps-là, c’est terminé. Depuis 2019, un dispositif existe et il est encore trop peu connu : le dispositif démission-reconversion. Il permet, sous conditions, de démissionner d’un CDI tout en accédant à l’allocation chômage — à condition d’avoir un vrai projet derrière.
Voici ce qu’il faut savoir sur comment fonctionne le dispositif démission-reconversion.
Ce que ce dispositif permet vraiment
Le principe est simple dans l’idée : si vous avez un projet de reconversion professionnelle sérieux, avec un projet de une formation qualifiante, un changement de secteur ou la création d’une entreprise — vous pouvez quitter votre CDI et percevoir l’ARE (allocation d’Aide au Retour à l’Emploi) comme si vous aviez été licenciée.
Ce n’est pas un droit automatique. C’est une possibilité ouverte à celles qui remplissent certaines conditions et qui ont pris le temps de construire un projet cohérent avant de signer leur démission.
Ce dispositif ne finance pas votre projet : il vous donne un filet de sécurité financier le temps de le mettre en œuvre. Ce n’est pas rien.
Qui peut en bénéficier ?
Trois conditions principales sont à réunir :
Être en CDI dans le secteur privé — temps plein ou partiel, les deux sont éligibles. Les fonctionnaires, les salariées en CDD ou en intérim ne sont pas concernées.
Avoir une ancienneté suffisante — environ 5 ans de travail salarié continu, soit environ 1 300 jours sur les 60 derniers mois. Bonne nouvelle : les congés maternité et certains arrêts maladie peuvent être pris en compte dans ce calcul.
Ne pas être déjà dans une situation indemnisable — si une rupture conventionnelle ou un licenciement est en cours ou prévu, ce dispositif ne s’applique pas.
Si vous cochez ces trois cases, vous pouvez commencer la démarche.
La vraie clé : la validation du projet avant la démission
C’est là que beaucoup de candidates au dispositif trébuchent — non pas sur la forme, mais sur le fond.
Le parcours se déroule en plusieurs étapes :
1. Travailler avec un conseiller en évolution professionnelle (CEP) Ce professionnel, accessible gratuitement via des organismes comme l’APEC, Cap emploi ou les opérateurs régionaux, vous aide à formaliser votre projet. Ce n’est pas une simple formalité : c’est un vrai travail de construction. Votre projet doit tenir la route sur le papier et dans la réalité.
2. Déposer un dossier auprès de Transitions Pro (votre CPIR régionale) C’est cette commission qui va évaluer le caractère « réel et sérieux » de votre projet. Concrètement, elle regarde : la cohérence du projet avec votre parcours, sa faisabilité, les étapes que vous avez prévues, les formations envisagées, etc. Ce n’est pas un jury hostile — mais c’est un filtre.
3. En cas d’accord : vous recevez une attestation À partir de là, vous disposez généralement de 6 mois pour démissionner et vous inscrire à France Travail comme demandeuse d’emploi indemnisée.
Un point important à retenir : la démission doit intervenir après l’accord, pas avant. L’ordre des étapes est non négociable.
Après la démission : comment ça fonctionne ?
Une fois inscrite à France Travail, vous percevez l’ARE dans les conditions habituelles — le montant et la durée sont calculés en fonction de votre historique de salaire et d’activité. Rien de spécifique ici par rapport à un licenciement classique.
Mais il y a une contrepartie : France Travail suit l’avancement de votre projet. Si vous ne mettez pas en œuvre ce que vous aviez annoncé — si vous ne démarrez pas la formation, si le projet de création d’entreprise reste lettre morte — le versement de l’ARE peut être suspendu.
C’est un engagement réciproque. Vous recevez un filet de sécurité, en échange d’une mise en action réelle.
Ce que ce dispositif ne fait pas
Pour éviter les déceptions, mieux vaut être honnête là-dessus.
Le dispositif démission-reconversion ne finance pas votre formation. Il vous donne le statut de demandeuse d’emploi indemnisée, ce qui vous permet ensuite de mobiliser d’autres leviers : CPF, financement via France Travail, ACRE pour la création d’entreprise, etc. Mais le financement de la formation reste une démarche à part.
Il ne remplace pas un projet. C’est une aide pour celles qui savent où elles vont. Si vous êtes encore en train de chercher votre voie, mieux vaut prendre le temps de clarifier avant de vous lancer dans la démarche de validation.
Et concrètement, pour devenir assistante indépendante ?
C’est une question qui nous est posée souvent chez FormAssista : est-ce que le dispositif démission-reconversion peut s’appliquer à un projet d’assistante indépendante ou virtuelle ?
La réponse est oui — sous réserve que le projet soit bien construit. La création d’une activité d’assistante indépendante entre dans les projets de création d’entreprise éligibles. Et si votre projet passe par une formation préalable pour acquérir de nouvelles compétences ou vous professionnaliser, c’est encore plus facilement recevable.
Ce que ça change pour vous : vous pouvez quitter votre CDI, vous former sereinement, poser les bases de votre activité — et percevoir l’ARE pendant cette période de transition, sans dépendre d’un compte en banque à sec pour décider si vous vous lancez vraiment.
Par où commencer ?
Avant tout, construisez votre projet. Pas un projet flou, pas une envie vague de « faire autre chose » — un projet qui tient debout, avec des étapes, un secteur ciblé, une idée de formation.
Ensuite, prenez rendez-vous avec un conseiller CEP. C’est gratuit, confidentiel et c’est lui qui vous accompagnera dans la rédaction du dossier à soumettre à Transitions Pro.
Et si vous êtes en train de réfléchir à une reconversion vers l’assistanat indépendant, c’est exactement ce dont on parle lors de nos appels découverte. Pas pour vous convaincre — mais pour vous aider à voir si votre projet est assez solide pour franchir ce cap avec méthode.
Vous avez des questions sur votre situation ? Réservez un appel découverte gratuit sur formassista.fr ou écrivez-nous à contact@formassista.fr





